51eme grand fénétra de Toulouse: 28 juin 2014 – 01 juillet 2014

Affiche_Fénétra_2014Bonsoir à tous,

Voici enfin l’affiche et le programme des festivités du 51ème grand fénétra, la fête la plus emblématique de la ville rose (cf: les deux posts précédents expliquant l’histoire (https://carayonk.wordpress.com/2011/06/23/histoire-du-grand-fenetra/) et donnant quelques témoignages d’époques plus ou moins anciennes (https://carayonk.wordpress.com/2013/05/30/50eme-grand-fenetra-de-toulouse-quelques-temoignages-des-siecles-passes/), sans pour autant remonter à l’antiquité (période durant laquelle cette fête typiquement toulousaine fut instaurée).

Cette fête se déroulera comme l’année précédente, c’est à dire qu’il n’y aura pas de « passo carriero » entre la place du Salin et la place du Capitole. Les organisateur l’ont remplacé par trois spectacles simultanés sur trois places emblématiques de Toulouse:

Programme 51 eme grand fenetra 2014– la place du Capitole, l’une des plus grande et des plus belles de France avec sa grande croix occitane gravée à même le sol et la superbe facade néo-classique du Capitole

fontaine de la place Olivier– la place Olivier, dans le quartier de Saint-Cyprien (San Subra pour les anciens), célébre notamment pour sa fontaine offerte par Mr Olivier pour rendre hommage aux morts (plus de 200) et aux disparus de la grande crue de 1875. Cette fontaine est positionnée sur une ancienne source : « los tres canellos ».Place de la Trinité Toulouse

– la place de la Trinité (où se produira le Quadrille Occitan) au centre de laquelle, un puit fut remplacé par cette fontaine majestueuse représentant notamment trois Sirènes ailées. Cette place, entourée d’immeubles anciens magnifiques, doit son nom à la présence d’un ancien couvent de Trinitaires.

Ceci permettra au public toulousain d’admirer en différents lieux de la ville les danses traditionnelles des différents groupes toulousains et de leurs invités. Ils pourront ensuite les retrouver le dimanche (l’après-midi et le soir) au grand-rond ainsi que le mardi soir pour les groupes toulousains (au grand-rond aussi)

Pour vous donner un petit aperçut de ce que cela peut donner, voici le lien vers un montage photo réalisé par un passionné de photo et de danses traditionnelles (Mr Marc Noguer). Merci à lui.

Ne manquez pas de venir nous voir!!!

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Petite histoire d’un autre grand gateau de la région toulousaine: le Poumpet de Soual (81)

Poumpet de SoualDans la suite de mes posts sur les traditions et curiosités de Toulouse et sa région, voici l’histoire de l’une des meilleures pâtisseries typiques de la région (avec le gâteau du Fénétra): le Feuillât appelé dans la région « Poumpet ».
Ce gâteau est assez simple : un « feuilleté » de forme rectangulaire au citron, plutôt plat et doré. Ce gâteau assez gras (beurré) allie à la fois le fondant et le moelleux de la préparation à base de citrons confits et le craquant du feuilleté… des sensations uniques… rappelant les tablées de notre enfance (pour ma génération comme pour celles de mes ancêtres aussi loin qu’ils s’en souviennent). En effet, ce gâteau est produit dans une zone extrêmement restreinte, c’est aussi ce qui fait son charme, située au niveau du piémont nord-ouest de la Montagne Noire Tarnaise. Ma grand-mère maternelle étant originaire d’Aiguefonde (petit village accroché sur le versant Nord de la Montagne Noire, proche de Mazamet)… je ne pouvais pas passer à coté de cette spécialité que j’affectionne tout particulièrement, comme d’ailleurs, tous les membres de ma famille!!!
Petit historique du poumpet
Ce gâteau trouverait ses origines dans des contrées bien éloignées des nôtres puisqu’il aurait été importé lors de l’invasion de l’Europe par les Sarazins au début du Moyen-Age à partir de 720 ap. J.C. Ce serait donc un gâteau d’origine arabe dont il a conservé malgré les ans plusieurs caractéristiques communes avec leurs pâtisseries: très sucré, très riche avec un arôme d’agrume (citron et fleur d’oranger et bergamote)…
Durant plusieurs siècles, cette recette élaborée à partir de saindoux ou de graisse d’oie (aujourd’hui c’est plutôt avec du beurre), d’œufs, de farine, de sucre, de miel et de zestes de citron s’est transmise localement de mère en fille qui la confectionnaient pour les grandes occasions d’où le nom occitan de poumpet, qui signifie littéralement le «gâteau de fête» (fête se traduisant en patois local par pompa). A cette époque, cette spécialité culinaire n’était réalisée que dans le canton de Soual et de Semalens (village voisin).
Ce n’est qu’en 1890 qu’un pâtissier de Soual (Mr Genlis) a fabriqué et commercialisé à partir de 1894 le pumpet sous le nom plus vendeur de « Feuillât » car plusieurs couches de pâte et de graisse d’oie successives lui donnent un aspect feuilleté. Ce gâteau était parfumé au citron, à la fleur d’oranger et à la bergamote uniquement. Cette recette originale fut transmise ensuite aux acquéreurs successifs de la pâtisserie de Mr Genlis, maintenant aux mains de la famille Andrieu.
En 1985, à Soual fut créé la confrérie de Poumpet (maintenant rebaptisée la confrérie du Feuillât) afin de faire perdurer sa tradition.
La recette
Poumpet fait maisonTrès difficile de donner la recette exacte d’un tel gâteau, cela dépend beaucoup des goûts. D’abord, la recette originale de Mr Genlis n’est absolument pas publique, et même si elle l’était, ce gâteau demanderai un tour de main particulier pour réaliser cette pâte qui n’est ni feuilletée ni brisée… un peu entre les deux. Ceci dit, on peut s’en rapprocher quelque peu.
A la maison, nous utilisons deux pâtes feuilletées toutes prêtes (c’est la facilité, mais bon…) assemblées en un grand rectangle. Après de multiples essais (plus ou moins infructueux, notamment avec l’ajout d’arôme de citron), nous avons finalement investis dans… des citronniers !!! En effet, à chaque fois que nous avons utilisé des citrons achetés dans le commerce, le goût n’était pas terrible. C’est donc pour nous un des éléments clefs pour avoir un bon poumpet. Une fois les citrons cueillis (pour le coup non traités et ramassés à maturité), les zestes sont enlevés puis confits (aimant beaucoup le citron, nous en utilisons les zestes d’au moins 3/4 beaux citrons), à la fin, 20gr de beurre sont ajoutés. Après plusieurs tâtonnements, nous avons également trouvé que faire confire les zestes avec du sucre glace était meilleur qu’avec du sucre cristallisé (le gout sucré est un peu moins présent, les citrons plus doux, du coup la préparation gagne en finesse gustative)… Ce mélange est ensuite étalé sur la pate feuilletée qui sera ensuite repliée en trois. Le problème étant bien sûr les fuites de cette préparation sur les cotés pendant la cuisson (qui du coup rend le gâteau plus sec et amer)… Ce qui reste de cette préparation de zestes additionnés d’eau et de sucre est étalé sur la pâte repliée avec un peu de beurre pour donner de la couleur au gâteau cuit (dans un four préchauffé à 210°C, faire cuire environ 20 minutes, tout en surveillant attentivement la couleur les dernières minutes).

Bonne dégustation… Si vous n’avez pas le courage de faire cette spécialité, allez faire un tour à Soual (81), ils font l’un des meilleurs Poumpets de la région…

50ème Grand Fenetra de Toulouse (29 juin – 02 juillet 2013): quelques témoignages des siècles passés

Affiche 50eme grand fenetra toulouse 2013Cette année, nous allons participer au 50ème Grand Fénétra « moderne ». Cette fête est l’une des plus anciennes et en tout cas la plus typique de Toulouse. Sans refaire l’historique ou l’origine déjà traités dans le post suivant : https://carayonk.wordpress.com/2011/06/23/histoire-du-grand-fenetra/ , je vais vous faire part de la description de cette fête au cours des siècles précédents à partir d’archives et de témoignages écrits datant du milieu du XVIIème et XIXème siècles (j’ai respecté la conjugaison et les tournures de phrases de l’époque ce qui peut rendre la lecture un peu difficile parfois).

Dans les lettres historiques et galantes de Mme Du Noyer (Anne marguerite Petit Dunoyer : 1663 – 1719, journaliste et femme de lettre de l’époque) publiées en 1707, elle décrit les fêtes du Fenêtra de Toulouse dans les termes suivants :

« Chaque saison a pourtant ici ses plaisirs, mais un peu plus modéré (note : par rapport aux fêtes de Carnaval); et chaque Dimanche de Carême a un des Faubourgs de la Ville où l’on va célébrer le Fenêtra ; dans le Faubourg du Basacle on mange des huitres ; dans les autres on mange quelqu’autre chose : et enfin le beau Fenêtra est celui du Faubourg de Saint Séverin qui est celui où est le cours (note : la Garonne); toutes les Dames s’y rendent le Lundi de Pâques parées de leur mieux ; les messieurs y font de belles Cavalcades autour des Carrosses et enfin on voit arriver quantité d’hommes à pied, les uns déguisés en garçons pâtissiers, d’autres en bergers, qui portent chacun un Fenêtra sur sa tête ; le Fenêtra est un grand Gâteau, d’une pâte fort excellente, tout piqué d’écorce de Citron et d’autres confitures, ils sont chacun sur une planche couverts de petits rubans et de colifichets, et c’est tout ce qu’un homme peut porter, on les jette en dansant dans les carrosses des Dames, et l’on fait que les deux bouts du Gâteau sortent par les portières. Ce présent ne tire pas à conséquence comme le Massepain du Carnaval, et ainsi on en donne aux femmes comme aux filles. Je me demandais d’où venoit l’origine de cette cérémonie, et j’appris qu’elle étoit d’institution dévote. J’avois bien remarqué qu’on la commençoit toujours par recevoir la bénédiction dans une Eglise du Faubourg où l’on devoit se réjouir, et où l’on expose le Saint Sacrement exprès ce jour là ; mais je ne savois pas que ces Parties de plaisirs eussent succédé à des Repas de charité que les premiers Chrétiens faisoient autrefois auprès des tombeaux des Martyrs, c’est ce qu’on m’en a dit, et ce que le mot de Fenêtra signifie en je ne sais quelle Langue. » (Lettre XXI)

Ce témoignage fait bien la différence entre les fêtes du Carnaval et celles du Fénétra, elle montre que lors de ces rassemblements, il n’y avait pas les débordements que l’on pouvait observer (et que l’on tolérait) lors du carnaval. Les processions, si elles étaient festives, étaient également fastueuses et toute la société de Toulouse participait à cet évènement. Comme cela fut décrit plus tard, les festivités du Fenetra étaient très prisées par la population toulousaine : « ce quartier (note : celui où était célébré le Fénétra) devient une espèce de foire où tous les habitants de la ville accourent » (Auguste Challamel, Mémoires du peuple français depuis son origine jusqu’à nos jours, Volume I, 1866)

On trouve également des informations intéressantes dans l’Histoire et Mémoires de l’Académie Royale des Sciences de Toulouse publié en 1829 sur le déroulement des fêtes du Fenêtra aux différentes périodes de l’Histoire de Toulouse :

Les Gallo-Romains : «  Les Romains célébroient chaque année des fêtes en l’honneur des Morts, dans les Calendes de Mars. Elles étoient appelées Feralia et Feretralia. Ils se transportoient sur les lieux où reposoient les cendres de leurs pêres ; ils y offroient des sacrifices aux Dieux Mânes, et y donnoient des festins qui étoient appelés Epulae Ferales. Ils tenoient cette pratique des Egyptiens, ainsi qu’on peut en juger par un monument rapporté dans les Mémoires de l’Académie des Inscriptions, et dont la copie moulée en plâtre est dans la salle de notre Académie. »

Les Wisigoths : « A Toulouse ces fêtes funèbres se célébroient hors la porte du Château ad Feretra. Après la destruction du Paganisme et sous le règne des Visigoths, ce lieu conserva sa même destination […].

Puis au cours du Moyen-âge sous l’influence croissante de l’Eglise: « Ces fêtes profanes furent changées en cérémonies chrétiennes, et on les célébra, comme autrefois, à la fin de Février ou au commencement de Mars : le peuple continua de s’y rendre en foule et ces promenades furent regardées comme des parties de plaisir. Telle est l’origine de ce que nous appelons Fénétra, par corruption du mot Férétra, qui subsitoit encore dans le temps que Catel composa ses Mémoires, en 1633, puisqu’on y trouve un article intitulé, Notre-Dame du Férétra. »

Pour compléter la description donnée par Mme De Noyer, voici la description trouvée dans ce même ouvrage : « Les Fénétras sont au nombre de cinq. On les célèbre les quatre derniers Dimanches de Carême, et la seconde Fête de Pâques, aux faubourgs de Récollets, de Saint-Etienne, des Minimes, à Saint Pierre, et à Saint-Cyprien. Le premier Fénétra est au faubourg de Saint-Michel, ou des Récollets, à l’Eglise de Saint Roch, autrefois Notre-Dame ad Feretra. Il étoit originairement le seul. On les multiplia depuis pour la commodité des habitants de différents quartiers de cette ville, et pour augmenter le nombre des prières qui se font ces jours-là pour les Morts. »

Cet enchaînement des Fenetras dans les différents faubourgs de Toulouse est également donné dans plusieurs ouvrages :

« L’usage de ces visites ou promenades se soutient encore par une espèce de Fête, qu’on célèbre les quatre derniers Dimanches du Carême, et le lundi de Pâques, sous le même nom de Feretra, ou Fenetra. Le premier et sans doute le plus ancien, est celui de la Porte du Château Narbonnois ; et les Dimanches suivant on solennise successivement ceux de la Porte d’Arnaud-Bernard, du Bazacle, de St. Etienne et de St. Cyprien. » (Histoire de la ville de Toulouse, Me J. Raynal, 1759)

 « Le 3ème dimanche de Carême, Fenetra au faubourg Saint—Michel et à la chapelle de Sainte-Catherine, dans le même faubourg, c’est-à-dire, sermon, exposition du Saint-Sacrement et bénédiction. Le 4ème dimanche de carême, cérémonies religieuses à Saint-Pierre, Feretra près de l’ancien château du Bazacle. Le Dimanche de la Passion, Feretra aux Minimes. Bénédictions, le matin et le soir, dans Programme 50eme grand fenetra toulouse 2013l’église de la Mercy. Mêmes solennités, le dimanche des Rameaux, à Saint-Sauveur, dans la chapelle des religieuses de la Magdeleine. Feretra dans la grande rue du faubourg Saint-Etienne et sur les bords du canal. […] Le lundi de Pâques, les Jacobins font une procession, à laquelle les Capitouls assistent. Le même jour, une oraison de 40heures commence à l’Eglise de la Mercy. Feretra sur le Quai. » (Histoire des institutions de la ville de Toulouse, Alexandre Du Mège, 1844)

Ces différents écrits montrent bien que le Fénétra est une célébration très ancienne et comme un certains nombre de rites paganistes, il a été très fortement christianisé. Le maintient de son organisation s’est maintenu au cours des siècles, on peut d’ailleurs voir qu’entre 1650 jusqu’à la seconde guerre mondiale, il n’y a eu que peu de changements.

Même si aujourd’hui son organisation a subit de lourdes modifications, le Grand Fénétra reste un évènement incontournable. Vous trouverez ci-joint le programme et l’affiche du 50ème Grand Fénétra (version moderne de cette antique fête qui fut ressuscité en 1963).

Histoire du Grand Fénétra

S’il est une fête typiquement toulousaine, c’est bien celle du Grand Fénétra ! Actuellement elle se célèbre le dernier week-end de juin, où durant quatre jours, les toulousains et les touristes de passage ont l’opportunité d’assister à des défilés, des spectacles de musique et de danse traditionnelles. Plus récemment, le dimanche après-midi, les enfants ont l’occasion de laisser de côté leurs consoles dernier-cri pour s’adonner aux jeux de leurs ancêtres.

Historique :

Cette manifestation trouverait ses origines dans les feretralias (qui vient du terme feretrum qui désignaient les civières sur lesquelles étaient transportés les morts) qui se célébraient aux ides de mars par les gallo-romains. Les habitant de Tolosa se rendaient durant cette fête en l’honneur des morts à la grande nécropole de la ville située dans l’actuel quartier St Roch (mais à l’époque situé dans les faubourgs). Le terme feretralias serait devenu lui-même, par corruption, en roman et en langue d’Oc, Feretra et/ou Fenetra. La rue du Férétra en est un des vestiges laissé par cette antique fête.

Cette fête, originellement centrée dans le quartier Saint-Michel, s’est répandue et popularisée dans tous les faubourgs de Toulouse. A cette époque, les marchands ambulants profitaient de l’occasion pour vendre des fleurs et des fruits secs (figues, raisins, noix et châtaignes).

Au XVIème siècle, les Fénétras se présentent comme un pardon qui se déroule successivement dans les divers faubourgs les dimanches de carême. La prédication est l’élément essentiel du programme et les Capitouls s’y rendent escortés de trente soldats du guet (Pierre SALIES, Ste Marie des Anges, le Faubourg St Michel). Un siècle plus tard, ces sermons ont lieu aux maladreries du château Narbonnais et d’Arnaud Bernard, à l’église St Sauveur hors la porte St Etienne et un sermon général clôture le cycle à la maladrerie de St Cyprien. Puis la notion de pardon disparaît et la fête se laïcise.

Le déroulement du Férétra devenu Fénétra par altération du langage comprend 4 éléments :

* Le passo carriero est le grand événement des fêtes du Fénétra. Il ne s’agit pas d’un défilé carnavalesque, mais d’un cortège de grande tenue. Tout ce que la ville compte de voitures défile dans les artères du centre. Les superbes voitures de maître aux chevaux de race côtoient les charrettes enrubannées aux robustes percherons des jardiniers des faubourgs. Ce jour-là, toutes les classes sociales sont confondues. Autour des véhicules, les piétons en habit de fête, qui diffèrent parfois suivant les quartiers et les origines régionales des habitants. Ce défilé connaissait un succès considérable auprès de la population toulousaine et tous étaient sur le parcours du passo carriero!

* Les spectacles des bateleurs et autres artistes ambulants. Des farces ou des comédies pouvaient même être données en cette occasion.

* Les jeux, on retrouve des mâts de cocagne et des courses burlesques réservées aux adolescents.

* Le repas familial, pour les fêtes du Fénétra est un repas choisi qui réunit autour de la table du chef de famille les descendants mariés ou non, venus de la grande banlieue et parfois même de plus loin. Par contre, les cousins toulousains n’étaient pas invités, comme c’est le cas lors des fêtes patronales de quartier, car ces cousins eux-mêmes invitent leur propre descendance. Pour clôturer ce repas dans une tradition solide et caractéristique, on servait le « gâteau du Fénétra » dans lequel le mélange amandes – agrumes – abricot donne un parfum si particulier et recherché. Ces mêmes gâteaux du Fénétra sont également vendus sur les lieux des réjouissances par des pâtissiers forains.

Les deux guerres de 14/18 et 39/45 furent fatales au Fénétra. Très peu célébré entre 1920 et 1939, la fête disparaît totalement des calendriers toulousains à partir de 1945.

De nos jours :

Le Grand Fénétra est remis au gout du jour et ce, depuis 1963, année où la municipalité a accepté de redonner vie à cette manifestation, avec quelques arrangements dus aux contraintes de notre époque moderne. On retrouve, bien entendu l’essentiel passo carriero qui constitue toujours la pièce maîtresse de cette fête, mais c’est maintenant un défilé de groupes folkloriques français et étrangers. Une charrette décorée, transportant la reine du Fenetra et le cap de jouvent  (son cavalier, choisis tous les deux parmi les toulousains) clôture le défilé qui part de la place du Salin pour finir sur la place du Capitole où chaque groupe présent exécutent une danse en l’honneur de la municipalité.

Le grand fénétra est alors ouvert, comme autrefois, par la mise en perce d’un barricot de vin, dans la cour Henri IV du Capitole, par le maire. Traditionnellement, les pâtissiers de Toulouse s’associent à cette fête et distribuent aux participants et aux passants des parts du gâteau traditionnel du grand fénétra. Suivent le dimanche matin un défilé puis une messe en occitan en la Basilique Saint-Sernin et l’après-midi, pendant que les enfants jouent aux jeux d’antan, les parents peuvent assister au Grand-Rond au spectacle donné par les groupes folkloriques invités. Le lundi soir, toujours au Grand-Rond, un concert de musique occitane est donné, il est suivi le mardi soir par un spectacle donné par l’ensemble des groupes folkloriques occitans de Toulouse.

Voici maintenant une recette qui se rapproche beaucoup du Fénétra (la vrai étant jalousement gardée par les pâtissiers toulousains) que vous pourrez déguster soit le samedi du dernier week-end de Juin, soit chez un des pâtissiers toulousains qui en confectionne tous les jours.

Ingrédients pour un fénétra (6 personnes) :
pour la pâte sablée : 1 gousse de vanille / 125 g de sucre en poudre / 250 g de farine / 125 g de beurre à température ambiante / 1 œuf

pour la garniture : 4 blancs d’œufs / 100 g de sucre en poudre + 25 g pour le saupoudrage / 50 g de farine / 125 g d’amandes en poudre / 1 cuillère à café d’extrait d’amandes amères / 1 pot (350 g environ) de confiture d’abricot / 1 citron confit / 1 citron non traité
Préparation :
– Fendre la gousse de vanille et mélanger les grains avec le sucre
– tamiser la farine, couper le beurre en petits dés et travailler farine et beurre du bout des doigts jusqu’à la fameuse consistance sableuse qui donne son nom à la pâte
– creuser un puits dans la pâte, y casser l’œuf et verser le sucre vanillé
– mélanger le tout sans trop malaxer
– rouler la pâte en boule et l’entreposer, filmée, au frigo, au moins une heure.
– préchauffer le four à 180°C
– battre les blancs en neige en ajoutant peu à peu le sucre pour leur donner la consistance d’une meringue
– ajouter la farine tamisée, la poudre d’amandes et l’extrait d’amandes et remuer délicatement la préparation à la spatule.
– abaisser la pâte sablée dans un moule à tarte
– étaler le pot de confiture dans le fond de tarte et disperser par-dessus le citron confit haché
– verser la préparation aux blancs d’œufs par-dessus
– saupoudrer le sucre restant
Enfourner environ 30minutes et bonne dégustation!!!

A bientôt pour un nouvel article